Les chroniques de Mandor

Publié le par caro_30

15 octobre 2006

James... Marianne James.

C’est marrant, j’ai du mal à écrire cette note sur Marianne James. Ca fait un mois que je l’ai rencontré (le 11 septembre dernier) mais je ne sais pas par quel bout l’attaquer (si je puis dire). Bon, Mandor, creuse toi les méninges!

En cette journée dominicale, elle est l'invitée de Drucker dans Vivement Dimanche... c'est le jour ou jamais.

 

medium_Ulrika_2.jpgEn 1998 un pote me prie de l’accompagner à un spectacle « délirant, décapant, du jamais vu! ». Il s’agissait de « L’Ultima Récital ». Son personnage principal Maria Ulrika Von Glotte, artiste lyrique et diva tyrannique, presque aussi haute que large (2 mètres 08 au collet et 2 mètres 07 de tour de fesses) était impressionnante, déroutante, sauvage…

A la sortie, j’ai dit à mon ami : « Ah ouais, quand même ! » Ce qui en clair voulait dire : « Ce spectacle là est le truc le plus délirant que j’ai zieuté sur scène ! ». Marianne James se cachait derrière ses faux-cils, ses réparties cinglantes, ses airs de Mozart et des Sex Pistols revisitées…

Et depuis 4 ans, il y a la Marianne James membre du jury de « La Nouvelle Star », aujourd’hui, il y a celle qui sort son premier album de chansons.

 

J’ai rendez-vous avec elle dans une ancienne maison où se trouvaient naguère des jeunes femmes quemedium_Tele_7_jours_Marianne.jpg l’on pouvait qualifier « de joie ». La Villa Royale. Un petit salon kitsch et une Marianne très en verve et très « joyeuse » justement. Le matin même sortait le nouveau Télé7 Jours avec elle en couverture… Je lui mets sous le nez.

 

-C’est ma légion d’honneur à moi.  J’aime beaucoup les photos. Regarde celle là, elle est sexy, hein ?

Effectivement, elle est sexy. Elle poursuit.

-On peut être une quadra et être sexy. Tu sais, il n’y en a que pour les jeunes alors c’est une véritable résistance que d’être sexy après 40 ans pour une femme.

medium_Ulrika.jpg

Nous évoquons son passé artistique (cours de guitare avec le père du jazzman Michel Petrucciani à 11 ans, chorale et découverte de ses 3 octaves à l’adolescence, spectacles de rues, choriste et chanteuse de groupes, licence de musicologie, conservatoire, coaching vocal…) et principalement son rôle de Maria Ulrika qui lui a permis de remporter en 1999 un « Molière du meilleur spectacle musical ».

Après 11 ans de succès, elle a tué la diva teutonne fantasque. Elle n’en pouvait plus de porter ses costumes intérieurs et extérieurs…

 

-J’en avais marre d’être prise pour un travelo allemand et, en même temps, je ne voulais pas qu’Ulrika devienne démodée.

Marianne osant même la comparaison avec le destin de Marylin Monroe. Morte en plein succès.medium_Aujourd_hui_Marianne.jpg

Je ne lui pose aucune question sur La Nouvelle Star (ni d'ailleurs sur son émission sur Pink TV, là à droite). Aucune et pourtant, j’aurais bien aimé savoir pourquoi chaque année, les quatre membres du jury s’évertuent à annoncer qu’ils ne le seront plus l’année suivante… Je veux être le seul journaliste à ne pas lui poser la question mais ça me coûte. Je suis un sale curieux.

medium_11.09.06_Marianne_James_2_.JPGFranchement, elle est très sympathique la Marianne. Elle te parle comme si tu étais son meilleur ami, te livre des confidences (oui, oui, j’en sais un peu sur sa vie privée mais motus…) t’embrasse (voir photo, là, à gauche), te titille, t’interpelle, te demande des conseils, bref… casse les codes intervieweur/interviewé. Et c’est plaisant.

C’est avec enthousiasme qu’elle explique le pourquoi du comment de son premier album.

-J’ai eu plus de 800.000 spectateurs pour Ultima Récital et seulement 60.000 pour mon spectacle actuel Le caprice de Marianne. Il fallait bien que je prouve à un plus large public que je suis une medium_james-marianne-0046.jpgchanteuse. Les 6 millions de téléspectateurs qui regardent la Nouvelle Star n’étaient pas obligés de savoir que c’était ma profession officielle… Il fallait que je devienne légitime parce que la question « qu’est ce que vous faites dans la vie à part membre d’un jury ? », je l’ai prise en pleine gueule un nombre incalculable de fois… et ça m’a fait mal.

Je lui demande si elle ressent une pression énorme de présenter ses propres chansons. Passant son temps à juger les autres, elle doit bien s’imaginer qu’on l’attend un peu au tournant.

Elle rit.

 

-Mais ils peuvent y aller. Sur la justesse, la diction, la beauté de la voix, le vibrato, ah oui, ils peuvent toujours y aller !

medium_Marianne_James_8.jpgEt c’est vrai que son disque est joliment troussé. Pas révolutionnaire, mais c’est un bon album de variété française. Il est réalisé par un maître en la matière Jacques Ehrhart (Camille, Henri Salvador, Alain Chamfort…)

-Lui et mon principal auteur David André m’ont forcé à calmer ma voix. Ils me demandaient si j’étais obligée de pousser des cris en chantant. Ils ont été parfaitement intransigeants envers moi et c’est exactement ce qu’il me fallait…

Dans son album éponyme, Marianne James se présente telle qu’elle est aujourd’hui, débarrassée des artifices et des rôles à tenir. Bien sûr il y a la chanson « Les peoples » qui passe en boucle sur les chaînes musicales du groupe M6 (tiens donc !) mais vous seriez plus avisé de vous pencher sur d’autres titres bien plus sensibles et émouvants sur des airs de bossa nova, rock, blues ou pop... (Dans tes pupilles, Fragile, Corps et âmes...)

Et aussi 3.14 dont le texte est signé par sa copine Laurence Boccolini.

 

-C’est une chanson triste, je sais. 3.14, c’est le chiffre pi. La constance du cercle. Laurence, Marianne, medium_Marianne-james_3.jpgc'est-à-dire des femmes rondes qui sont au milieu de ce nulle part qui est nous même… une véritable planète avec laquelle il faut vivre. C’est une souffrance que nous avons en commun. On est amie dans la vie et je sais que nous traversons la même chose. Cachée derrière son rôle dans « Le Maillon faible », je sais pourtant l’érudite, la savante, la tendre qu’elle est. Toutes les deux on se cache. Enfin, moi, ça y est, je me mets à nu.

Comme le souligne bien la journaliste Véronique Dokan dans le dossier de presse :

« Certes, il y a du cynisme et de la colère dans les chansons de Marianne James mais aussi beaucoup de tendresse. Méfiez-vous, les coups de griffes de cette tigresse ressemblent souvent à des caresses. »

Pas mieux. Marianne James: Une chanteuse de chansons, tout simplement.

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LES CHRONIQUES DE MANDOR

Publié dans Presse

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